La Fédération du Bâtiment et des TP du Calvados est une organisation professionnelle qui a pour but de représenter et défendre les entreprises de bâtiment et de travaux publics
auprès des pouvoirs publics, des décideurs économiques et des autres acteurs de la construction.

Membre de la Fédération Française du Bâtiment

Mise en ligne du dispositif d'accompagnement : rendez-vous dans la rubrique vous informer

espace adhérent

espace adhérent

Email utilisateur :

Mot de passe

Mémoriser ses identifiants

OK

Vous êtes ici > > >

OK

Edito

6 décembre 2018

REMONTONS NOS PRIX ! ENCORE ET ENCORE !

Le 06 décembre 2018

"Les récentes analyses économiques de la FFB sur la situation financière de nos entreprises montrent une situation très inquiétante :

- nos prix de vente ont monté de 1,4% sur un an (2,5% sur 2 ans)
- nos coûts de revient ont monté de 2,4% sur un an (4,7% sur 2 ans)

L’augmentation de nos coûts de revient s’explique à la fois par l’augmentation réelle des salaires (+2,5% sur un an) et par l’augmentation de nos matières, certes de manière inégale suivant les corps d’état, mais néanmoins générale.

Ainsi nous avons en 2018 rogné nos marges de 1% !

Comme si elles étaient trop élevées !
Vu ce qu’elles sont, c’est intenable.
Monter plus rapidement et fortement nos prix de vente est donc une question de survie pour nos entreprises, même si chaque situation d’entreprise est particulière.

Or 2019 est une année de tous les dangers.

Non pas parce que le marché se retournerait comme on l’entend de ci, de là. Au contraire, nous resterons en croissance tant en 2019 qu’en 2020. Le Calvados est en 2018, pour une fois, dans les très bons élèves avec une croissance de l’activité estimée à +6%, contre +4,7% en Normandie et 2,5% sur le plan national. Ce n’est pas parce que la croissance va forcément ralentir demain qu’elle va pour autant disparaitre et nous (re)plonger dans le marasme.

Dans cette bonne conjoncture le CICE va disparaitre en 2019 remplacé par une baisse de cotisations patronales. Nous n’en connaitrons les modalités et le calendrier exacts qu’après le vote définitif à l’assemblée nationale, probablement dans les derniers jours de décembre. Rappelons que le CICE, sorte de système de marge arrière, représente la moitié du bénéfice des entreprises de BTP.

Ce changement a une conséquence heureuse : nos trésoreries vont s’améliorer puisque nous toucherons en 2019 le CICE 2018 tout en décaissant moins de cotisations sociales.

Ce changement présente néanmoins un risque : si nous considérons que ces baisses de charges nous permettent d’augmenter les salaires et/ou de baisser notre taux horaire vendu, nous aurons immanquablement une sévère gueule de bois en 2020.

Dans leur grande majorité nos entreprises restent en fragilité financière en raison de la faiblesse des marges qui n’ont pas permis de reconstituer nos fonds propres après la longue crise que notre profession a connue. Sans constat réel d’un retour à une situation financière saine générée par une augmentation suffisante de nos prix de vente, la modération salariale reste donc d’actualité.

Pourtant nous savons tous que nos salariés méritent des revenus réels supérieurs à ce que nous sommes aujourd’hui en capacité de leur donner. Ils constateront bien en 2019 une amélioration en raison de l’exonération des charges salariales (et non patronales) sur les heures supplémentaires. Au vu de l’extrême irritabilité actuelle du corps social, ils le croiront quand ils le verront.
Une voie à explorer.
Face à nos difficultés commerciales à remonter nos prix de vente, face à l’incertitude sur nos prix d’achat de fourniture, il me semble que le meilleur moyen de récompenser nos salariés est de leur verser de l’intéressement (et pourquoi pas de la participation obligatoire pour les plus de 50 salariés, facultatif en-dessous). D’autant plus qu’à partir de 2019 l’intéressement ne sera plus scandaleusement taxé par cette ignominie qu’est le forfait social de 20%.
Ce mode de rémunération nous permet de donner du revenu supplémentaire et mérité à nos salariés avec l’argent que nous avons effectivement gagné (constaté dans nos comptes). Ce qui est très différent des augmentations de salaire financées par l’argent que nous espérons gagner un jour. Espoir qui, je le répète, s’est révélé faux ces deux dernières années puisque nos coûts ont augmenté plus vite que nos prix de vente.
Il ne s’agit évidemment pas de troquer des augmentations contre de l’intéressement mais d’étudier cette autre solution de rémunération, nette de charges et vertueuse pour nos finances.
C’est toute la subtilité de 2019 : il nous faut augmenter davantage nos prix de vente que nos coûts de revient tout en récompensant mieux nos salariés qui le méritent bien. L’environnement fiscal et règlementaire change en 2019 et nous offre de nouvelles possibilités. N’hésitons pas à les creuser pour en neutraliser les dangers et bonifier leurs avantages.

 

Notre environnement change. Changeons nos pratiques."

 

Marc ROLLET


Le 06 décembre 2018